LE
BONHEUR EST DANS LE PRé
Amour
des vieilles pierres, quête de la tranquillité...
Amenés par le TGV et les nouvelles autoroutes, les néoruraux
colonisent peu à peu les régions les plus reculées de France.
| Un
carré d'herbe, un potager pour découvrir les joies du jardinage, le
chant des oiseaux et des champs et des forêts à perte de vue... Les
Français sont de plus en plus nombreux à prendre leurs cliques et
leurs claques pour se mettre au vert. Au regard du dernier recensement
de 1999, 410 000 citadins ont délaissé la ville pour travailler à la campagne. Stressés par les cadences urbaines infernales et la pollution, les néoruraux ont des idées précises sur leur rêve. " D'abord, cela part d'un coup de foudre pour une région, se souviennent Sylvie et |
Thierry
Barreteau, ex-Parisiens Gersois depuis onze ans. Nous avions projeté
d'habiter au sud de la Loire une maison avec des tuiles canal. En
passant par Lectoure, on s'est dit : "Ce serait génial d'habiter
ici pour nos gamins." Nous cherchions une maison de maître
traditionnelle en pierre avec une belle vue et éloignée de tout... On a finalement opté pour une ancienne ferme moins isolée. En fait, on se sentait bien ici, tout simplement. L'endroit nous a plu car nous avons vu tout de suite ce que nous pouvions y faire." |
DES
ÂMES DE ROBINSON CRUSOé |
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campagne tout en travaillant en ville. La tranquille Vendôme, dans le
Perche, est désormais aux portes de Paris avec ses 400 voyageurs qui
effectuent la navette quotidiennement. Dans le Sud-Est, on a construit à la gare TGV d'Avignon des garages à voitures pour des Franciliens qui descendent chaque week-end dans le Luberon. Tous ont trouvé preneurs. " Avec la mise en service de la ligne grande vitesse Sud-Est, on ne retrouve plus la campagne que l'on désirait, regrette Jean-Didier Urbain. Celle-ci devient une sorte de désert surpeuplé. Je conseille aux candidats de se tourner vers des régions moins clémentes du point de vue du climat mais qui au regard de la quête de tranquilité et de regroupement familial, sont encore peu investies. " " Pour des prix encore raisonnables, soit 30 000 euros, on peut encore s'offrir un petit pied-à-terre dans la Creuse ou encore la Haute-Marne. Le Morvan, abordable il y a encore quelques années, est lui, de moins en moins enclavé ", explique Jean-François Buet, administrateur de la Fédération nationale de l'immobilier (Fnaim). Et ce mouvement vers la campagne n'est pas près de s'arrêter : selon un sondage Ipsos (2), 47 % des personnes interrogées souhaiteraient, à l'horizon 2010, habiter à la campagne. Et même s'il paraît de plus en plus difficile de tomber sur LA belle fermette à retaper, sachez que 90 % de la population vit encore en ville ou dans des zones à dominante urbaine. Seule 10 % des Français habitent véritablement dans des espaces de dispersion. Il y a encore de la place pour tous le monde... Dominique Chidaine (1)
Chambres d'hôtes le Sabathé,
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| film le bonheur est dans le pré, les Barreteau avaient une mise de départ de 60 000 euros. Ce qui a permis de retaper les lieux et de développer des chambres d'hôtes puis, plus tard, du tourisme équestre et des stages d'arts martiaux (1). Depuis les 35 heures et l'engouement pour la "petite Toscane" ont fait grimper les prix. " Aujourd'hui, il faudrait un capital de 150 000 euros pour acheter une maison comme la nôtre. Sans compter la rénovation..." A l'instar du Gers, partout en France, les maisons de campagne deviennent un rêve de moins en moins accessible. Le développement des moyens de communication n'est pas étranger à la colonisation des contrées hexagonales les plus reculées. En 1980, la France comptait 5 500 kilomètres d'autoroutes, contre 11 000 en 2000. Et ce n'est pas fini : partout où les engins de chantier déroulent leur ruban de bitume, l'immobilier flambe aux alentours. " Alors que l'autoroute Clermont-Bordeaux n'est pas encore achevée, les prix des maisons dans les Combrailles région qui va être traversée en 2006 par cet axe, ont d'ores et déjà augmenté de 30 % ! ", constate Jacques Servajean |
agent
immobilier à Riom, dans le Puy-de-Dôme. CHANGER
D'AIR APRè le travail |
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