Le Sabathé

A Palaiseau, nous avions les mêmes inconvénients qu'aujourd'hui, et en particulier l'obligation de prendre la voiture pour la moindre chose, sans avoir les avantages". Thierry Barreteau est sans indulgence quand il évoque sa vie passée de Parisien. Une vie pourtant relativement confortable puisqu'il était médecin généraliste - il effectuait des remplacements - et sa femme Sylvie technicienne dans l'audiovisuel. La trentaine à peine passée, ils se rendent toutefois compte que ce mode de vie ne correspond pas à leurs aspirations : "Nous avions choisi de vivre ensemble et nous ne nous voyions jamais ! " De là à changer de vie,
il n'y avait plus qu'un pas à franchir. Ayant fait son service
en coopération en Chine, Thierry
en a gardé un intérêt pour la médecine chinoise et les disciplines comme le Taï Chi qu'il pratique et qu'il enseigne. Il en avait aussi gardé deux amis,
vivant l'un à Toulouse, l'autre
à Nérac. Un saut à Lectoure
et voilà Thierry et Sylvie 

convaincus : c'est là qu'ils ont envie de vivre avec leurs enfants, Lise et Augustin. "Il y avait alors beaucoup de maisons à vendre,
le Gers n'était pas encore à la mode ,
confirme Thierry, nous nous
sommes arrêtés devant une agence immobilière et nous avons immédiatement été emballés par celle-ci."
Cette maison est située au lieu dit le Sabathé, sur la commune de Saint-Mézard. Plus toue jeune, mais avec une vue magnifique qui se déroule à travers prés jusqu'au clocher du village en contrebas. Ils parviennent à l'acquérir avec le montant de la vente d'un studio à Paris. Il leur reste même de quoi faire quelques travaux. Pas de problème d'intégration : "Au contraire, à l'époque, les gens du village étaient plutôt heureux de voir arriver un jeune couple, avec des enfants." Onze ans plus tard, ils ont 

rénové la maison et ouvert
quatre chambres d'hôtes. Une
salle aménagée dans la grange voisine permet d'accueillir des stages de Taï Chi, de peinture et toute autre activité. Tout n'a pas toujours été facile, Sylvie a été parfois obligée de reprendre du service pour assurer les fins de mois, mais le bilan est positif :
" On peut vivre des chambres d'hôtes si l'on adapte son mode de vie à ses revenus et si l'on n'a pas d'emprunt au départ."
Du 15 juillet au 15 août, Sylvie et Thierry refusent souvent du monde, mais le reste de l'année, ils doivent multiplier les initiatives pour attirer les touristes : depuis peu, ils vont même chercher des randonneurs sur le chemin de Saint-Jacques de Compostelle,
à 8 km de là. Et Sylvie nourrit un nouveau projet : accueillir des cavaliers et leurs montures, pour profiter de la campagne envirronnante.
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